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29 février 2008

La campanule des talus et le fantôme du chevalier

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Elle te dira encore la campanule des talus en défroissant sa petite robe au soleil :

Cette lourde canne en buis qui fut dans ton enfance ton épée de chevalier ne te quitte jamais aux lisières même si tu la laisses dans la voiture avant d’entrer dans l’abbatiale Saint-Michel

De la pénombre où pétille le buisson de veilleuses tu fais surgir une de ces flammes fragile comme la corolle de la campanule

Ainsi attends-tu un signe en ces futaies de pierre mais sans doute en vain si tu ne peux te résoudre à lâcher l’autre canne l’invisible plus résistante que le buis

Que crains-tu ? demande la campanule des talus qui se contente même d’une fissure dans la paroi rocheuse le long du chemin de montagne

Et tu lui répondras : heureuse tu vis de si peu que tu es la plus forte alors en souvenir du « chevalier des jours à venir »* veilleras-tu de ta douce flamme l’ombre inquiète qui se promène auprès de toi avec sa canne en buis ?

* « chevalier des jours à venir » : citation extraite du poème de Pierre Seghers intitulé Paysage pour un enfant à venir dans Poèmes choisis, 1952. (NDA)


© Éditions Orage-lagune-Express, 2008.

14 février 2008

Jeux marins des arbres la nuit

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La nuit, quand le vent souffle très fort dans les arbres, je sors sur le pas de ma porte, dans la petite rue déserte, et je peux entendre la mer.
Au bord de la mer, c'est pareil. J'entends le vent dans le feuillage.
Rien n'est plus facile. Il ne faut que de l'air dans des feuilles ou dans de l'eau pour s'offrir à sa porte la mer ou la forêt.
Alors pourquoi partir, pourquoi bouger ? Qui pourrait bien me le dire ?

(Extrait de : Le Grand variable, éditions Editinter, 2002).
Gravure de Jacki Maréchal (pour cet extrait en ligne).